Effacer son passé d’un revers de main ? Muriel Moreno n’en a jamais eu l’intention. Mais raconter l’intime, commenter les non-dits, ce n’est pas non plus dans ses habitudes. Depuis la séparation de Niagara en 1993, elle a choisi sa route : moins d’apparitions, plus de silence, et une sélection minutieuse des rares moments partagés avec le public.
La disparition récente de José Tamarin, guitariste ayant marqué l’histoire de Niagara, a ravivé l’intérêt pour le groupe et ses membres. Moreno demeure l’une des rares à maintenir un lien, bien que distancié, avec ceux qui continuent de suivre l’aventure musicale entamée il y a près de quarante ans.
Niagara et son guitariste : une aventure musicale marquante et l’empreinte laissée sur la scène française
À la fin des années 80, Niagara bouleverse les habitudes avec un duo qui ne ressemble à aucun autre. Porté par la voix singulière de Muriel Moreno et l’écriture précise de Daniel Chenevez, le groupe prend une autre dimension dès l’arrivée du guitariste José Tamarin. L’alchimie fonctionne. L’énergie, elle, donne un coup de neuf à la pop française et déstabilise une scène parfois trop convenue. Très vite, des tubes comme L’amour à la plage, J’ai vu, ou encore Pendant que les champs brûlent, deviennent familiers aux oreilles de toute une génération. Synthétiseurs coupants, guitares tranchantes : leur style fait mouche. Les textes naviguent entre évidence et étrangeté, tension et mélancolie. José Tamarin, disparu en 2019, a laissé sa marque à jamais. Son jeu, mélange précis de finesse et d’intensité, façonne l’identité sonore du groupe. Sur scène, Muriel Moreno captive : souvent rapprochée de Mylène Farmer dans les médias, elle impose pourtant un style singulier, une force discrète mais indéniable. Ce trio, formation atypique à l’époque, se démarque dans le paysage musical français.
Chacun apporte sa couleur à Niagara, et leur complémentarité donne la clef de cette aventure :
- Muriel Moreno : chanteuse magnétique, auteure et visage identifiable de Niagara
- Daniel Chenevez : compositeur majeur, pilier créatif au sein du groupe
- José Tamarin : guitariste audacieux, dont l’empreinte perdure
Trois décennies ont filé depuis la dernière tournée, mais la marque laissée reste vivace. Des morceaux comme Encore un dernier baiser ou La fin des étoiles flottent encore dans la mémoire collective. De jeunes artistes reprennent leur inspiration sans complexe, et certains n’ont pas oublié cette photographie saisie à Cabourg en 1986, symbole d’une liberté insolente qui ne cesse de fasciner. Niagara s’est ancré dans l’histoire, et l’empreinte de Muriel Moreno demeure, vive et indélébile.
Ce que Muriel Moreno choisit de partager aujourd’hui : entre discrétion, souvenirs et hommage à ses compagnons de route
Après Niagara, Muriel Moreno a pris du recul. Retour discret, pas de tapage, juste un choix : préserver son espace, loin du flot ininterrompu d’images et de commentaires. Sur les réseaux, elle dévoile peu : clichés d’archives, bribes de souvenirs, une pensée respectueuse à l’adresse de celles et ceux qui ont marqué l’aventure commune. Elle préfère la sélection minutieuse à la surexposition médiatique. Les plateaux télé, les interviews en série, très peu pour elle à présent. Moreno a bifurqué vers d’autres horizons. Diplômée de l’institut des métiers de la forme, elle se consacre désormais au fitness et aux disciplines douces, transmettant son expérience dans des salles de la région parisienne. Partager un savoir concret et utile : voilà la priorité. On évoque parfois quelques projets artistiques : un album solo baptisé Toute seule, quelques sets DJ, une poignée de performances pour initiés. Fidèle à elle-même, Moreno assume ce qu’elle partage : peu, mais toujours sincère. Elle évoque la mémoire de José Tamarin sans pathos, mais avec respect et justesse, saluant la part unique qu’il a prise dans le destin de Niagara. Les hommages, chez elle, restent sobres et dignes.
Pour mieux saisir l’attitude d’aujourd’hui de Muriel Moreno dans sa relation à sa carrière et au public, voici ce qui la définit :
- Discrétion sur la vie privée : elle reste à l’écart du déballage public
- Transmission : elle oriente désormais son énergie vers l’accompagnement sportif, à Paris comme en banlieue
- Hommage : elle entretient intacte la mémoire de ses compagnons, à commencer par José Tamarin
Un disque posé sur une platine, un ancien article, une minute de silence suffisent parfois à réveiller ce lien qui traverse le temps. Muriel Moreno, fidèle à sa ligne, ne fait jamais grand bruit, et c’est peut-être là, dans cette retenue assumée, que son visage public demeure le plus éclatant.


